Scuba diving
Centre de plongée Nepteau
10514 St-Laurent, Montreal 514-337-5489


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Eastcliffe Hall
Envoyé par Jean-François F.

le 01-06-01
Suite à une collision avec un pilier de la voie maritime en 1970, le Eastcliffe Hall, qui était un cargo mis en service en 1954, a sombré. L'épave est lugubre et impressionne par sa taille. L'impact qui a causé la perte de ce "laker" et la mort de six membres de l'équipage ainsi que de trois passagers est omniprésent. Il faut couvrir une bonne distance pour explorer dans son ensemble ce navire qui repose maintenant à plat sous soixante-dix pieds d'eau. La faible profondeur permet une grande liberté d'exploration mais il faut composer judicieusement avec le courant rapide qui descend de la proue à la poupe.

Dès que nous avons quitté le Nepteau, nous nous sommes accrochés, mon copain et moi, à la corde qui nous conduit à l'arrière de l'épave du côté tribord. Le courant était comme toujours trop fort pour qu'un plongeur ne puisse avancer qu'en palmant. Il était nécessaire de se hisser sur la corde tout en palmant vers le fond à la rencontre du mastodonte d'acier. Dès notre contact avec le "Eastcliffe", nous somme descendus tête première dans la cale. L'eau frappe la proue et exerce ensuite sur l'épave une pression vers le bas. Cet effet perturbait quelque peu notre palmage et nous donnait l'impression d'être aspirés par cette épave tandis que nous cherchions à aller vers l'avant en gardant une distance raisonnable du fond. La base de la cabine de pilotage a été dynamitée afin d'éviter toute entrave à la navigation et il était bien excitant de voler à travers ce champ de destruction en faisant usage de nos vestes compensatrices en passant, tantôt sous une poutre, tantôt au-dessus d'une autre, tout en choisissant, en complicité avec mon copain, le trajet le plus adéquat à travers les nombreux débris qui encombrent ce qui fût l'espace cargo. Plusieurs poissons, dont de gros achigans, ont élu domicile à cet endroit. À l'intérieur de la deuxième cale, nous avons vu une grosse anguille posée sur le fond et cachée parmi des barres de fer. Les pièces métalliques sont si nombreuses qu'il nous a fallu nous immobiliser et regarder lentement autour de nous pour réussir à discerner clairement ce qui nous entourait. Les cales sont très grandes et me donnaient un faible sentiment d'agoraphobie qui contribuait à rendre ce lieu intimidant. La coque du navire est en bon état et seul son contenu se trouve pêle-mêle. Notre progression s'est achevée lorsque nous avons rencontré la paroi séparant la première cale des pièces habitables du navire. Après avoir passé un moment à bien observer la paroi, nous sommes montés lentement à l'extérieur pour gagner le pont et y retrouver le courant toujours aussi fort. Nous avons bien observé le pont et les nombreux éléments qui s'y trouvent. Il est possible de se hisser dans une écoutille très étroite pour rejoindre une pièce exigue. D'un commun accord nous avons opté pour l'exploration de la coque vers l'avant. Nous sommes donc descendus par l'extérieur contre le courant en diagonale et nous nous sommes presque renversés comme des oiseaux en piqué. Sous la coque, à cet endroit, il y avait une bonne centaine de crapets de roches ainsi que des dorés, des achigans et des perchaudes. Une fois sur le fond, nous sommes entrés dans l'ouverture de la coque à tribord afin de nous faufiler prudemment vers une pièce dans la pince du navire. De là, nous sommes ressortis pour "jouer" dans le courant. À l'avant, le courant frappe directement l'épave et freine l'exploration complète de la coque du navire qui transportait des tiges d'acier. Après être restés appuyés contre la coque, le temps de bien s'imprégner de la vue de ce cargo, nous avons lâché prise à bâbord pour dériver de la proue à la poupe par quarante pieds de profondeur à près de trois noeuds en évitant les débris et les nombreuses protubérances. Après plusieurs minutes de dérive, nous nous sommes arrêtés vers l'arrière du navire à l'entrée du corridor qui mène à la salle des machines. Cet endroit est cordé mais, étant donné que la visibilité y est faible et qu'une imposante couche de sédiments rend les choses difficiles aux plongeurs qui y pénètrent, nous sommes restés à douze pieds du plancher en nous éloignant un peu de la passerelle. De cet endroit nous avions une bonne vue sur l'ensemble de l'équipement et de la machinerie qui propulsait le "Eastcliffe" jusqu'à ce que sa coque soit éventrée en pleine nuit sur l'imposant pilier de bâton qui balise la voie maritime.

Nous avons terminé notre plongée par l'exploration du gouvernail et des tiges des hélices. À cet endroit, se trouvaient des dorés de taille respectable ainsi que des achigans dissimulés sous le gouvernail. Nous n'avons pu résister à l'envie de retourner quelques minutes encore dans la cale qui se trouve près de la corde qui reliait l'épave au Nepteau. Là, nous y avons retrouvé des copains de plongée qui, comme nous, prolongeaient le plaisir de cette immersion dans un lieu impressionnant qui mérite plusieurs visites.



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