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le 27-12-00
Mallorytown, 24 octobre 2000, 20:30 heures
Par une faible pluie automnale, le Nepteau coupe une mince couche de brume de mer; il se dirige
paisiblement vers le Keystrom empruntant un passage entre deux îles au millieu du fleuve.
En pleine noirceur, l'équipage entreprend de trouver la bouée en quadrillant le site. Toutes les lampes
de plongée disponibles éclairent la surface du fleuve mais réussissent à peine à percer le brouillard.
Soudain, à la limite des faisseaux lumineux, la boué est localisée entre deux vagues. L'honneur du
capitaine est sauf !
Le Nepteau s'attache à la bouée et les plongeurs s'affairent. Le fleuve est relativement calme.
Mon copain et moi sommes prêts et sautons à l'eau. En parfait apesanteur nous glissons le long du
câble d'attache. L'imposant nez de l'épave se dessine rapidement et nous apercevons l'énorme chaîne qui
retenait autrefois l'ancre. Ce spectacle est digne des meilleurs reportages consacrés au Titanic. La
visibilté est incroyable : 80 à 100 pieds. Mon copain et moi échangeons un regard d'approbation.
Nous nageons vers la "Wheel House" et descendons au point le plus profond de la première calle. Entre le
plancher sous marin et l'épave s'assoupissent des dizaines de poissons; la nuit, une main alerte peut les
attraper. J'essaie sans succès.
Longeant toutes les calles, nous dérangeons sur notre chemin deux anguilles. Nous passons un peu de temps
à éclairer l'intérieur de la chambre des machines et les alentours du mât le plus profond. Plus de
détails et de couleurs sont perceptibles la nuit.
Nous saluons les hélices et devons remonter par babord. Nous inspectons l'intérieur de l'épave par ses
écoutilles et examinons la cheminée et les prises d'air extérieures situées au dessus de la chambre des
machines. Quelques poissons y rodent.
Nous continuons notre chemin vers la surface en survollant l'épave. Un peu avant d'atteindre la
"wheelhouse" nous devons traverser un mur de bulles. En regardant vers le bas, nous apercevons deux
plongeurs planant près du fond sous-marin.
Finalement, nous inspectons la structure de la "wheelhouse", un labyrinthe tridimentionnel, et le pont
avant du Keystrom puis nous faisons surface.
De retour sur le Nepteau, un ciel orageux nous accompagnent jusqu'au rivage. À terre, nous nous
dirigeons au chic "Cabin Chalets" pour rêver à cette étonnante soirée.
La plongée de nuit sur le Keystorm est, à mon sens, ce qui se raproche le plus de ce que doit être une
sortie dans l'espace. Avec un peu d'imagination, l'imposante dimension de l'épave nous donne l'impression
d'être un astronaute approchant une station spatiale.
Je classe la plongée de nuit sur le Keystrom comme une de mes 3 meilleures plongées à vie.
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