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le 01-02-01
Cette ancienne barque à voile qui servait au transport du
grain présente un intérêt certain.
Il va sans dire qu'il ne s'agit pas de
la plus impressionnante des épaves de la région, mais sa profondeur, la
limpidité de l'eau à cet endroit ainsi que les nombreuses pièces mécaniques
qui se trouvent sur le pont en font un site agréable et qui mérite une
visite.
François et moi y avons plongé à partir du Nepteau après avoir
exploré le Vickery.
Même après avoir plongé quelque fois sur le Kingshorn,
j'ai bien apprécié cette visite. Étant donné que cette épave repose sur un
fond de quatre-vingt-douze pieds, le plaisir commence par une descente
verticale et rapide à côté de la corde. L'effet de chute libre est assez
saisissant et est amplifié par le gonflage de la veste qui nous a stabilisés
dans une parfaite neutralité à quelques centimètres du fond. Une fois cet
amusant effet de "mission" terminé, nous nous sommes dirigés à l'horizontale
vers la poupe. Parvenus sur le pont de l'épave, qui repose à plat sur sa
quille, nous avons commencé notre exploration. Nous y avons observé de la
vaisselle, un four, une cafetière, et bien sûr, les trois grosses pompes à
eau manuelles qui manifestement n'ont pas été d'un grand secours. Ces
pompes qui ressemblent à des pièces d'équipement utilisées pour combattre
les incendies au dix-neuvième siècle devaient permettre de vider les cales
de l'eau qui pouvait s'y infiltrer.
Suite à l'observation de l'ancre et du
mécanisme de la chaîne qui se trouvent à la proue du Kingshorn, nous sommes
entrés dans la cale qui occupe l'ensemble du volume de l'épave. Nous avons
emprunté une des trois ouvertures menant à l'endroit ou était jadis
entreposé le grain pendant le transport. Les cales sont vides mais
partiellement obstruées par des madriers qui sont tombés à l'oblique. Il
était bien agréable de se faufiler entre ces madriers tout en observant les
jets de lumière qui descendent du plafond. Nous avons évolué, suspendus
entre le plafond et le plancher des cales vers la poupe. Une fois à la
poupe, nous avons passé quelques instants dans un espace exigu pour
finalement ressortir en nous faufilant à travers un orifice juste à côté de
l'étrange roue de gouvernail de ce bateau essentiellement fonctionnel et
sans artifice.
Parvenus à l'extérieur, François et moi avons effectué une
promenade autour de l'épave et exploré les alentours immédiats du Kingshorn.
Après avoir bien profité de la très bonne visibilité et parcouru
l'ensemble de l'épave, rapidement, nous avons été contraints de retourner à
la corde et de remonter afin d'éviter un palier de décompression car
l'ensemble de la plongée s'est déroulé autour de quatre-vingt-dix pieds.
Une fois remontés à soixante pieds sur la corde, nous n'avons pu résister à
profiter du crédit de temps accordé par nos ordinateurs pour étirer cette
plongée.
Nous nous sommes prélassés, tout en tournant sous la coque du
Nepteau pendant plusieurs minutes dans l'eau, qui, d'une température de
vingt-quatre Celsius, était plus que confortable en cette journée de
juillet.
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