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10514 St-Laurent, Montreal 514-337-5489 |
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Vous avez déjà plongé sur cette épave ? Partagez vos commentaires avec les autres plongeurs ! Dites-nous comment s'est passé votre plongée sur le Lillie parson. Formulaire |
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| Lillie Parson |
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le 01-11-00
Très belle épave où il y a beaucoup de choses à voir. Il y a un peu de courant mais cela rend la
plongée intéressante surtout si on veut faire une petite "drift dive" autour de l'île par la suite. |
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le 30-01-01
L'île Sparrow, à proximité de laquelle se trouve l'épave du Lillie Parsons, offre probablement les
conditions de plongée les plus diversifiées de tous les sites du fleuve en Ontario. Cet endroit est
un véritable terrain de jeu pour le plongeur. Une plongée sur le Lillie peut être divisée en trois
étapes bien agréables. D'abord la descente le long d'un tombant en suivant une chaîne et en résistant
au solide courant. Ensuite, l'exploration de l'épave qui se trouve bien appuyée sur une falaise abrupte,
puis la dérive avec le courant qui s'amorce à la proue de l'épave et qui se termine à la pointe de l'île
près d'un quai pour petites embarcations.
Par une journée un peu triste et pluvieuse du mois d'août, Aïcha et moi étions décidés à faire une grande
exploration de ce site et de ses environs et de transgresser quelque peu l'ordre habituel d'une plongée à
cet endroit. Notre mise à l'eau s'est faite à la pointe ouest de l'île de manière à profiter dès le
départ du plaisir de la dérive dans un courant de trois noeuds. Les premières minutes de notre
immersion ont donné le ton à cette partie de plaisir en apesanteur et en vol plané. La descente rapide
dans le courant devait être régulièrement corrigée par des coups de palmes de façon à atteindre la
profondeur qui nous permettrait de rencontrer l'épave de front à notre vitesse de croisière. Pendant
que le mur des rochers défilait à notre droite à bonne vitesse, nous gardions les yeux rivés vers l'avant
de façon à ne rien manquer de l'apparition de l'épave plus que centenaire qui se trouvait à l'autre bout
du virage dans cinquante pieds d'eau. À la sortie du virage, la poupe de ce beau navire renversé nous
est apparue dans toute sa majesté. La courbure de la coque, les rondeurs du bord, la forme et la taille
du gouvernail montrent bien, au premier coup d'oeil, que cette goélette franche a été construite au
milieu du dix-neuvième siècle. L'effet était d'autant plus saisissant car la visibilité était très
bonne et nous pouvions bien apercevoir l'épave et ses environs. Nous nous sommes glissés immédiatement
dans l'espace qui se trouve entre le pont arrière et le fond de roche en gardant pour plus tard
l'exploration de l'extérieur du Lillie. Dès notre entrée à l'intérieur de cette vieille épave nous nous
sommes faufilés entre les grands madriers qui forment le pont arrière. Cet endroit ressemble quelque
peu à une petite église de campagne. La lumière du jour pénètre par les interstices de la coque et
donne l'impression aux plongeurs de se trouver sous un toit cathédrale. Nous sommes restés quelques
minutes suspendus entre les poutres à nous imprégner de cette atmosphère surprenante. Il n'y manquait
que le son grave d'un orgue pour rendre cet instant encore plus solennel. Nos yeux s'étant habitués à la
luminosité restreinte, nous nous sommes dirigés dans le coeur de l'épave et vers la noirceur
impressionnante. Aussitôt que nous avons allumé nos lampes et dirigé leurs faisceaux concentrés vers la
pénombre, nous avons dérangé une grosse anguille ainsi qu'un groupe d'achigans qui nous ont rapidement
enveloppés. Côte à côte, nous avons progressé vers l'avant de l'épave en ayant maintenant l'impression
de nous enfoncer dans une grotte. Nous avons négocié un passage plus étroit entre les monticules de
charbons, que transportait ce navire le jour du naufrage, et la coque qui se trouvait au-dessus de nos
têtes. Prudemment, nous avons emprunté le passage de gauche pour nous arrêter dans une section de la
coque habitée par plusieurs perchaudes et crapets. Là, nous sommes restés sans bouger, parfaitement
neutres, dans le noir à apprécier le calme qui règne dans les entrailles du Lillie.
Une fois notre méditation terminée, nous avons rebroussé chemin pour nous diriger vers la clarté
grandissante en anticipant déjà le défoulement qui nous attendait dans le courant qui épouse violemment
la coque mais qui est imperceptible de l'intérieur. De retour à la lumière du jour, nous sommes
descendus le long de la falaise tout près du bord de cet ancien navire en direction de la proue. Notre
progression a été interrompue par la vue d'une grosse barbotte brune (qui était noire). Après avoir
échangé un regard, Aïcha et moi avons convenu de suivre cette créature en nous accrochant aux rochers
pour ne pas glisser avec le courant. Cette poursuite nous mena à cent pieds de l'épave par
quatre-vingt-cinq pieds de profondeur. Même de cet endroit, nous apercevions très bien l'épave. Pour
revenir à l'épave, nous avons marché avec les mains en remontant le mat principal du Lillie qui se trouve
prisonnier du poids de la coque. Nos jambes et nos palmes oscillaient rapidement dans le courant.
Parvenus à l'épave, nous avons lâché prise du mat pour dériver rapidement dans le courant en prenant soin
de ne pas manquer notre amarrage à une main avec le mat de beaupré qui pointe vers le fond du fleuve
dans le sens du courant. De là, nous sommes montés sur la coque à contre-courant en prenant prise sur
les aspérités de ce vieux bois qui se désagrège lentement. Une fois sur la coque, le courant poussait
fortement sur nos épaules et nous devions choisir, tel des alpinistes, le prochain endroit ou nous
pourrions poser la main afin de nous hisser vers l'arrière de la coque. Le puit de la quille
rétractable, dans lequel la quille est enfoncée par la gravité, nous a servi de prise pour franchir la
distance qui nous séparait du gouvernail. Une fois rendus au bout de la coque, nous nous sommes assis à
califourchon sur le gouvernail le temps de reprendre notre souffle et d'apprécier la vue impressionnante
de cet endroit qui nous donnait l'impression d'être assis sur le rebord d'un toit par une journée de
grand vent. Le flot des vagues à la surface du fleuve, la vue des plongeurs se situant à plusieurs
endroits sur le site, ainsi que le spectacle du dandinement des minuscules bulles d'air qui s'échappaient
de l'ensemble de l'épave pour rejoindre la surface en traversant cette eau claire, justifiait bien une
petite pose contemplative.
Après nous être amusés dans le courant du haut de ce perchoir, nous avons plongé du côté opposé pour nous
installer entre l'escarpement rocheux et l'épave. Là, nous avons pris le temps d'observer les artéfacts
qui ont été déposés sur le bastingage de l'épave par des plongeurs. Une fois terminée notre exploration
des détails intéressants de l'épave, qui sont très instructifs quant aux techniques d'assemblage des
navires à voile du dix-neuvième siècle, nous avons amorcé notre dérive rapide vers la pointe est de l'île.
Alors que plus tôt nous étions des alpinistes nous devenions maintenant des parachutistes en descente
libre et nous nous régalions de l'accélération croissante que nous subissions plus nous nous éloignions
de l'épave. Nos palmes ne servaient plus à la propulsion mais à la direction. En prenant soin de ne pas
percuter de gros rochers, nous avons littéralement volé plusieurs minutes à grande vitesse vers le bout
de l'île. Après avoir négocié un virage brusque afin d'épouser le bout de l'île et d'éviter de descendre
malencontreusement le fleuve en direction de Brockville, nous avons rejoint une corde reliée au quai est.
Puisqu'il nous restait de l'air et que nous souhaitions prolonger l'euphorie de cette plongée nous avons
immédiatement entrepris de remonter le courant par trente pieds en nous accrochant aux rochers. Le fond
à cet endroit est d'un blanc éclatant car il est constitué de milliers de coquillages dont la nacre
miroite et reflète la lumière. Dans les crevasses et les petits bassins formés par les rochers se
trouvaient des crapets-soleil bleutés et des perchaudes juvéniles. Nous avons, en remontant
progressivement, joué à cache-cache derrière les gros rochers en nous hissant d'un rocher à l'autre en ne
palmant que rarement. Une fois de retour sur les lieux de l'épave nous avons tout bonnement lâché prise
pour nous laisser une fois de plus dériver dans le courant à grande vitesse les bras étendus comme des
ailes d'avion vers la pointe de l'île.
Arrivés au bout, plus d'une heure après notre immersion, nous avons fait surface en compagnie de
plongeurs pour nous rendre au centre de l'île pique-niquer avec le groupe de Nepteau. En mangeant, nous
avons commencé à planifier notre exploration de la portion ouest de l'île qui se ferait en après-midi
sous un ciel ensoleillé cette fois.
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