Scuba diving
Centre de plongée Nepteau
10514 St-Laurent, Montreal 514-337-5489


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Power House
Envoyé par Jean-François F.

le 28-05-01
Il est très particulier d'évoluer au sein de l'ancienne centrale hydrolectrique de Mille Roches qui était en opération il y a un peu moins de cinquante ans. Le visiteur peut avoir l'impression d'être en terrain interdit. Ce n'est qu'une agréable sensation par contre car les plongeurs y sont les bienvenus.

Martin, Pierre et moi nous y avons plongé ensemble lors de la première sortie du Nepteau pour la saison 2001. Dès notre descente le long de la corde, nous nous sommes dirigés au dessus du niveau supérieur de l'ancienne centrale pour observer les imposants mécanismes d'engrenages qui se dressent sur le plancher de la structure. Ces engrenages actionnaient les portes qui contrôlaient le débit d'eau dans la centrale. Dès que nous avons localisé l'entrée de la pièce contenant une turbine, nous nous sommes engouffrés prudemment dans l'écoutille partiellement obstruée par un très gros couvercle d'acier. La pièce étroite, la couleur sinistre des murs, le couvercle d'acier au dessus de nos têtes et l'impressionnante turbine à eau ont une allure bien étrange. Immanquablement, chaque entrée dans cet orifice me donne l'impression de plonger dans l'épave d'un sous marin et d'être en mission exploratoire, voire même militaire. Seul un banc de perchaudes enveloppant l'avant de la turbine contribuait à alléger l'atmosphère qui règne dans ce lieu. Nous sommes demeurés neutres, ne bougeant que très peu, à balayer du regard l'ensemble des éléments qui créent, à notre grand amusement, ce faux U-boot sorti de notre imaginaire de plongeur. Une fois extirpés de cet endroit, nous sommes entrés dans l'écoutille adjacente qui jadis contenait la seconde turbine. Tous les trois, côte à côte, et en suspension, nous avons fait le tour de l'endroit pour y observer la tuyère de sortie d'eau et apprécier l'effet saisissant du jet de lumière émanant du trou circulaire dans le plafond.

Après ces moments en lieux clos, nous avons passé un bref intermède en eau libre à dériver dans le courant afin de nous rendre dans une grande pièce rectangulaire qui comporte deux accès très étroits que nous avons négociés lentement. Nous nous sommes attardés à l'observation du bric-à-brac qui jonche le sol ainsi que des deux grands trous d'hommes et des voûtes du plafond en prenant grand soin de ne pas déplacer l'épaisse couche de sédiments qui repose à cet endroit. Par la suite nous sommes descendus au niveau inférieur à soixante-quinze pieds pour observer les imposantes arches de sortie d'eau. Puisque des plongeurs se trouvaient à l'intérieur de la première arche, nous avons traversés jusqu'à la quatrième arche en appréciant bien l'architecture particulière de ce barrage de brique qui ressemble à un pont. Pour respecter notre plan de plongée, nous ne sommes entrés qu'à une trentaine de pieds à l'intérieur du tunnel en demeurant très près du plafond qui s'élève à l'arrière de l'arceau. Calmement, et avec une grande curiosité, nous nous sommes appuyés sur les tiges d'acier qui quadrillent l'espace à intervalles irréguliers. Nous avons profité de la visibilité, supérieure à la moyenne en cette journée, pour observer les grosses tubulures qui ressortent du plafond. Nous avons tenté de nous faire une idée précise de l'architecture de ce tunnel fort encombré à l'aide du faisceau de nos lampes. À tour de rôle Pierre, Martin et moi nous avons pointé en direction d'éléments qui nous intriguaient. Nous sommes restés quelques minutes accrochés au plafond à observer les alentours. Tout cet attirail était impressionnant et nous rappelait que nous nous trouvions au coeur d'une machinerie tirant profit du courant pour produire de l'électricité pour la région avoisinante dès 1901. Enfin, nous avons pris le chemin du retour vers la corde d'amarrage du Nepteau pour aller observer l'intérieur des grillages de bois qui protégeaient la centrale de l'intrusion de débris. Le mur de lattes de bois laissait passer la lumière tout en filtrant l'eau. La visibilité était donc très bonne dans cette enceinte qui appartient à une autre époque. Nous avons évolué sur une bonne distance dans cet endroit clos le long du mur sur lequel s'élevait l'édifice de la centrale qui a été détruit peu avant l'inondation.

Après une exploration exhaustive de ce site de plongée unique, qui a été ponctué par la rencontre de perchaudes, d'achigans, de crapets, de grosses carpes et d'une salamandre juvénile, nous sommes remontés vers le bateau pour finalement comparer nos observations à l'aide de mots et non plus de signes très approximatifs.



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