Chroniques

Pourquoi plonger à Bonaire ?

Modifié le 5 octobre 2017 par Nepteau

Bonaire est une île des Petites Antilles au large du Vénézuéla. De Montréal, c’est un peu plus loin que les autres destinations plongées que l’on connaît (Cozumel, San Andres, Roatan, Turk and Caicos, etc.).

D’ailleurs, c’est plus cher d’y aller de Montréal que les autres destinations, car il n’y a pas de vols directs. Il s’agit de faire une recherche de vol pour Bonaire en partance de Montréal pour s’apercevoir que le prix minimum d’un billet aller-retour se situe autour de 1,800$... plus cher qu’un forfait tout compris à Cozumel… mais pourquoi donc aller plonger là-bas ?En fait, il est certain que la réponse est un peu personnelle, mais pour ma part, qui a fait toutes les destinations ci-haut mentionnées, Bonaire est un paradis de la plongée (débutants et expérimentés) et de l’apnée en regard des autres lieux des Caraïbes. D’abord, il fait pratiquement toujours beau. Il pleut très peu. La preuve ? Les nombreux cactus du paysage aussi gros que ceux dans les films "westerns".

Aussi, il existe bien au moins 80 sites de plongée du bord réparti sur le côté de l’île à l’abri du vent. L’eau est claire (plus de 100’ de visibilité), la faune marine est abondante et les coraux sont en bon état. Ensuite, il y a Klein Bonaire, une petite île en face de Bonaire, où la vingtaine de sites de plongées offre des eaux encore plus claires si c’est possible.

Moi, qui n’ai pas le vertige ni dans les eaux ni dans les airs, j’ai pour la première fois expérimenté une sensation de vertige dans l’eau… j’avais l’impression de flotter dans le vide tellement l’eau était claire.

Concernant la faune marine, elle est composée principalement des petites espèces communes aux caraïbes, avec en prime des hippocampes, et de gros tarpons. D’ailleurs, en plongée de nuit, ils peuvent suivre la lumière de votre lampe afin de chasser les plus petits poissons. Pour faire exprès, une fois, j’ai mis la main devant ma lampe afin d’en cacher la lumière, mais surprise, le tarpon et revenu vers moi et m’a gentiment poussé sur le côté, comme pour me dire de rallumer ma lumière… sans blague !

Côté épaves, il y en a au moins 5 intéressantes, dont un incontournable, le Hilma Hooker. C’est un cargo hollandais de 236 pieds de long construits en 1951, et dont on a découvert plus de 25,000 livres de marijuana à l’intérieur au début des années 80. On ne niaisait pas avec le pot dans ce temps-là; le bateau fut saisi et ensuite coulé à environ 90 pieds de profondeur. Les opérateurs des centres de plongée du coin se sont assurés de le préparer adéquatement pour recevoir les plongeurs. De gros tarpons s'y cachent souvent...

Par rapport à la vie sur terre, Bonaire est une terre aride, anciennement une île volcanique qui s’est enfoncée depuis dans l’océan. Le sol de l’île est composé principalement de restes de récifs coralliens. Si vous désirez visiter l’île, elle n’est pas grande et on peut facilement en faire le tour en quelques heures. Il y a le parc national de Washington Slagbaai avec iguanes, flamands roses et ânes sauvages. La ville Kralendijk est très propre, les restaurants sont intéressants et il vaut la peine d’y arpenter son « boardwalk ».

Dernière visite qui vaut le détour, enfin c’est moche de dire ça, mais Bonaire est une ancienne colonie esclavagiste néerlandaise où en 1636 des esclaves venant d’Afrique sont exploités à Bonaire dans des plantations de maïs et on trouve encore les cabanes des esclaves qui leur servaient de dortoir.

Pour résumer, Bonaire est à mon avis un lieu exotique pour la plongée et il vaut le détour. C’est un peu plus compliqué de s’y rendre que d’autres destinations des Antilles, mais une fois sur place, c’est un vrai terrain de jeu pour les plongeurs, autant pour les plongées du bord que celles en bateau. Si vous avez l’opportunité d’y aller, vous ne le regretterez pas. Si vous désirez voir davantage de photos, cliquez ici pour accéder à l'album photo.

Yvon Gagnon